26.06.2009
Stages à l'étranger
Lors de cette dernière semaine de cours, nous avons eu l'intervention d'étudiants ASS qui avaient eu l'occasion d'effectuer une partie de leur stage à l'étranger. Suède, Sénégal et Québec étaient les trois pays choisis. Des étudiants québécois à l'accent chantant étaient aussi présents. Une expérience très riche, partagée, et qui invite à la réflexion.
- Suède
L'explication de ce stage m'a vraiment marqué. La Suède est un pays très fortement décentralisé, et du coup ce sont les communes qui s'occupent de l'aide sociale aux Personnes âgées ou handicapées, de la protection de l'Enfance ou d'autres problématiques sociales. La commune est ainsi l'équivalent approximatif de notre département là-bas (polyvalence de secteur).
Ce qui m'a marqué, c'est l'extraordinaire avance que la Suède possède sur plein de domaines par rapport à nous. Un peu comme en Allemagne, la sensation de rigueur, d'efficacité, de sérieux et d'organisation prime. Pour les Personnes handicapées notamment, la loi de 1994 est comparativement plus avancée que notre loi de... 2005 ! En tout cas dans sa grande ambition : l'autonomie est recherchée à tout prix, la société devant s'adapter au handicap. Résultat : le droit à un habitat autonome est affirmé, l'obligation est faite pour les communes de trouver des aidants parmi les étudiants par exemple (les Personnes ayant le droit d'en changer si il n'y a pas compatibilité de tempérament), tandis que les institutions spécialisées ont été réduites à peau de chagrin. Quant aux lieux publics, ils sont très accessibles depuis longtemps.
Limites de ces dispositifs : les étudiants recrutés pour aider les Personnes handicapées ne sont pas formées, et les habitats autonomes favorisent parfois la solitude... Tout système a ses revers. Pour en savoir plus sur l'ambition et les limites de la politique handicap suédoise, un excellent document est disponible sur le site du Ministère de la Santé.
Idem pour les Personnes âgées : les animations de groupe sont très travaillées avec des outils précis, et les apareillages (comme les déambulateurs) assez facilement fournis : il existe même des sortes de parkings accueillant des modèles de déambulateur "made in Sweden", permettant de sortir facilement dans la rue ou faire ses courses. Reste à savoir si ça marche sur le verglas ou la neige ! La société suédoise est très vieillissante, mais la culture fait que travailler jusqu'à 65 ans, et être incité jusqu'à 67 n'est pas scandaleux : il faut dire que les conditions de travail ne sont pas les mêmes, car le stress y est moindre... Le dialogue social, entre autres, prévient les tensions sociales.
La mentalité est toute différente d'ici : c'est une autre culture, influencée par le climat et le protestantisme. Le civisme est une valeur cardinale, on respecte les biens publics, on promeut le collectif tout en reconnaissant l'Individu. Et le modèle suédois (que nos gouvernants lorgnent) est assez efficace. Il est d'inspiration sociale-démocrate, et ce type scandinave d'Etat-providence est si spécifique qu'il a été étudié de près par Gospa Esping-Andersen (sociologue). Il repose sur de très forts prélèvements et impôts, et donc une très forte redistribution.
En travail social, lorsque des programmes fédéraux ou locaux se mettent en place, ils bénéficient ainsi de fortes subventions permettant de mettre des moyens derrière. Les ASS sont au centre de ces programmes, ils sont très bien reconnus (et payés) là-bas, à tel point que la legislation sur le divorce leur laisse le soin de faire les tentatives de conciliation (en France, c'est seulement le Juge aux Affaires Familiales qui le peut).
Pour autant, à mes yeux de Français, je suis plus sceptique et plus dérangé par le côté "réponse à tout" des nombreux et cohérents dispositifs suédois. D'autant plus qu'il semble se doubler d'une forme de contrôle social : au fort taux d'imposition est joint un regard pesant sur les citoyens bénéficiant par la redistribution (aide sociale notamment) des deniers publics. Ca paraîtra normal, mais après je ne sais pas comment sont vécus les enjeux déontologiques en Suède.
- Québec
Les étudiants qui revenaient du Québec étaient ravis. Ils ont pu nous décrire certains aspects du travail social là-bas.
Les ASS sont plus ou moins reconnus, ça dépend de la formation qu'ils ont suivi. Il existe une formation technique et une autre universitaire, en gros. Le vocable de travailleur social est peut-être plus adapté. En tout cas, selon l'endroit ou l'institution où le professionnel travaille, il
bénéficie d'une certaine confiance, et l'approche psychologique/psychosociale est privilégiée : l'écoute prime sur l'accès aux droits. Et pour cause : il y a moins de droits qu'en France., beaucoup d'assurances étant privées. D'ailleurs, les étudiants québécois présents ont dit leur surprise face à toute la "paperasserie" française, presque obsessionnelle qui semble être là pour rassurer et canaliser le rapport entre l'ASS et l'usager. Un point de vue intéressant !
Sinon, au niveau des institutions, le Québec est également très décentralisé, puisque c'est une province du Canada. L'Etat fédéral coordonne les politiques sociales et procure des fonds aux associations qu'il juge conforme à sa politique. Mais pour les autres associations (dites "communautaires"), tout n'est aps perdu : elles peuvent survivre grâce aux donc privés, bien plus importants que chez nous. Celles qui ne vivent que sur ces dons privés (comme les Auberges du Coeur) sont alors complètement indépendantes.
L'accès au logement a aussi été relevé : il y a beaucoup moins de logements sociaux qu'en France, mais l'accès au logement privé est très facilité par rapport à nous. L'intervention sociale auprès des personnes en difficulté sur le plan hébergement et logement est ainsi grandement facilitée.
Enfin, le côté nord-américain fait que pour les usagers comme pour les travailleurs sociaux, la créativité et la spontanéité sont respectées et encouragées : chaque nouvelle bonne idée est testée, du coup le travail social est très dynamique ! En France, de ce côté-là, c'est quand même moins souple et beaucoup plus cadré...
- Sénégal
L'expérience sénégalaise qui nous a été racontée était toute autre : voilà un pays pauvre mais vivant et attachant ! En l'occurence, il s'agissait d'un stage en service hospitalier des maladies infectieuses (surtout VIH/SIDA). Pas de réelle couverture sociale : le travail de l'ASS (dont les études se rapprochent beaucoup des notres) est d'écouter la personne qui se présente, et ensuite d'essayer au mieux d'obtenir une couverture sociale minimale, au pire d'aller jusqu'à presque marchander des médicaments. Ainsi, certains patients décèdent faute d'avoir eu certains médicaments assez tôt.
Une observation a été faite, assez choquante. Le VIH est en fait multiple : le VIH 1 infecte surtout l'Europe, tandis que le VIH 2 touche d'abord l'Afrique. Or, des laboratoires européens font bénéficier des Sénégalais infectés d'un programme curatif, mais sous certaines conditions (pas tomber enceinte pour les femmes, suivre le programme jusqu'au bout etc. et... être atteint du VIH 1 !!!). C'est-à-dire que ces programmes européens en question n'aident que les malades intéressants pour l'Europe : les VIH 2 sont plus souvent délaissés, leur virus étant moins répandu dans nos contrées...
Les Sénégalais sont paraît-il chaleureux, mais dans le travail social tout ou presque se marchande par culture. Le côté tactile et le tutoiement pourront aussi déstabiliser à souhait l'étudiant ASS français à qui on rabâche sans arrêt de prendre soin de sa distance professionnelle !
Au final, une journée très intéressante, que j'espère avoir assez bien résumée ! De toute façon, cette note est partielle, et la vision de n'importe quel stagiaire à l'étranger est au mieux incomplète, au pire idéaliste. Mais elle procure une ouverture d'esprit qui montre bien à quel
point la culture qui nous imprègne, nous donne un regard sur le monde et sur l'Autre est relative !
Personnellement, si j'avais pu, je serais bien parti dans un pays de l'Est style Roumanie ou ex-URSS (Moldavie, Ukraine). Ces pays m'attirent, et les problématiques sociales y sont sûrement très nombreuses aussi... Encore aurait-il fallu appréhender un minimum la langue, et peaufiner l'Anglais. Ca sera peut-être pour plus tard !
15:41 Publié dans Etudes ASS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stage, étranger, suède, sénégal, québec, formation, expérience
25.06.2009
Mensonges et politique : le malheureux discrédit...
Ce qui discrédite et mine la politique depuis des années dans notre pays : les mensonges à répétition et le manque de sincérité. L'objet de cette note n'est pas de conclure "tous des pourris", mais de relever avec indignation certaines tournures de vestes. Nous avons besoin des politiques, mais ce serait tout de même mieux s'il respectaient leurs engagements en honorant les Citoyens qui votent pour eux !
Quelques "beaux" exemple avec S. Royal, N. Sarkozy, N. Mamère :
20:40 Publié dans Citoyenneté et politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mensonges, politique, royal, sarkozy, mamère
24.06.2009
Un remaniement très décevant...
Ca n'aura échappé à personne : le remaniement ministériel a été plus important que prévu. Pour autant, les logiques qui ont été à l'oeuvre pour ce changement de ministres sont intéressantes à décoder.
- Médiatiquement, c'est Frédéric Mitterrand (le neveu de l'ancien Président) qui a marqué. Cet homme, qui a été de Gauche tant que son oncle était au commande, n'a ensuite pas hésité à voter Chirac dès 1995. Par ailleurs, il n'a jamais été encarté au PS, et ne représente donc pas une vraie ouverture. C'est plutôt une action marketing symbolisée par le nom de famille Mitterrand, et aussi pour remplacer Madame Albanel à la Culture, critiquée pour ses échecs et sa gestion du ministère. Un choix de la famille Bruni-Tedeschi, relayé par Carla auprès de Sarkozy ? Les Bruni-Tedeschi avaient déjà poussé pour que Mitterrand soit à la Villa Médicis...
- Brice Hortefeux, sarkozyste pur jus et "ami de trente ans" du Président, passe du Travail à l'Intérieur, un des ministères les plus prestigieux de la République. Là encore, curieuse manoeuvre : Hortefeux avait déjà changé, il n'y a que quelques mois, pour aller de l'Immigration au Travail. Ce nouveau changement est d'autant plus étrange que lorsqu'il avait été élu député européen de façon imprévue (le 7 juin dernier), Devedjian avait déclaré qu'en ces temps de crise il ne fallait surtout pas faire bouger Hortefeux de son ministère afin d'assurer un suivi des dossiers car ce proche du Président était soit-disant talentueux dans l'écoute des partenaires sociaux. Et finalement, en faisant miroiter l'Intérieur, Hortefeux est parti. Les arguments valables pour contrarier le vote des Citoyens n'est pas valable quand il s'agit de carrière politique. De qui se moque-t-on ?...
- Michèle Alliot-Marie, seule vraie femme de stature à Droite, représentante d'une Droite chiraquienne modérée, était en quelque sorte "invirable". Mais pour libérer le poste de l'Intérieur à l'ami Horetefeux, encore fallait-il la déplacer. La Justice a été choisie pour elle, tandis que le gros des réformes est déjà engagé depuis quelques temps et qu'il ne s'agit plus "que" de les mener à terme. MAM est ainsi un peu écartée, sans que cela ne se voit trop.
- Rama Yade, Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, est un cas désolant de la logique du remaniement. Son ministère était censé représenter une volonté affichée par le candidat Sarkozy de ne pas céder devant les intérêts économiques et politiques par rapport aux Droits de l'Homme. A ceux qui doutaient que Sarkozy résisterait effectivement à la "Real Politik", cette politique des affaires étrangères qui se compromet avec les dictatures et les puissances économiques au détriment des grands principes, ils ont leur réponse. D'ailleurs, même Kouchner, l'ancien humanitaire dont on ne comprend plus la logique, souhaitait la disparition du secrétariat aux Droits de l'Homme. Du coup, Rama Yade se retrouve aux Sports ! Les Droits de l'Homme, qu'elle défendait si bien avec tant de convictions parfois contre son camp (qu'on se souvienne des critiques concernant la visite de Khadafi), ne s'en porteront que plus mal et c'est très dommage !
- On pourrait aussi s'attarder sur les cas de Michel Mercier (MoDem) ou des autres nouveaux-venus du Gouvernement qu'on n'attendait pas, comme Benoist Attendu ou Nora Berra par exemple...
- J.-L. Borloo est confirmé dans son rôle de "Monsieur Ecologie" du Gouvernement : il reste à son poste et voit même ses prérogatives accrues pour l'occasion. Une réponse à la "vague verte" des élections européennes de début juin. Ca paraît normal et bien, mais dans le même temps on se souvient que la compétente Nathalie Kosciusko-Morizet avait été illogiquement mise de côté de l'écologie... L'intérêt de la planète n'est donc pas exclusif dans les choix ministériels, ça dépend des fois et des personnes !
- Sinon, remarquons qu'aucune nouvelle figure d'ouverture n'a été recrutée : la Droite montrait les crocs à ce sujet, ne voulant pas se faire encore piquer des postes ministériels. Mais de toute façon, l'ouverture a été rangée au placard, sa capacité à donner une opinion favorable à Sarkozy a été épuisé. Et pour cause ! Il s'agit d'un trompe-l'oeil ! Kouchner est aussi pragmatique que n'importe quel homme de Droite pour appliquer des affaires étrangères qu'il a faites siennes, quitte à "virer" Rama Yade. Besson, derrière son vernis "socialiste moderne", est plus sarkozyste que les sarkozystes, et gère son ministère d'une façon sinistre (politique du chiffre). Bockel est aux Anciens Combattants, le poste le plus en retrait qui soit, après avoir été au début du Gouvernement Fillon plus en avant sur les dossiers de la "Françafrique" : il avait osé critiquer les liens obscurs que la France entretenait encore avec certains dirigeants africains, lui valant justement d'aller aux Anciens Combattants. L'ouverture est (était ?) donc là pour faire figuration et se contenter d'appliquer une politique de Droite. Après tout, on aurait du s'y attendre...
En conclusion : un remaniement important mais décevant. Le Président semble avoir définitivement tiré un trait sur les grands principes qu'il avait proclamé avec brio lors de la campagne et au début de son "règne" : ouverture, Droits de l'Homme, stabilité des fonctions gouvernementales...
Du coup, ces importants changements vont inévitablement conduire à un petit flottement au sommet de l'Etat, le temps que les nouveau Minsitres se saisissent de leurs dossiers. Il leur faudra sans doute entre 3 et 6 mois pour cela. Mais deux contradictions se font jour :
- Lors du Congrès de Versailles du 22 juin dernier, le Président avait réaffirmé l'importance de changer de politique face à la crise, de s'adapter aux nouveaux défis. Mais les hommes et les femmes aux manettes du Gouvernement restent les mêmes, ils ne font que "jouer" à la chaise musicale. Et les réformes décidées dans un contexte de pré-crise lors de la campagne de 2007 sont dans cesse reconfirmées, sans réel ajustement, même lorsqu'elles montrent leur inadaptation ou leur inefficacité.
- Dans quelques mois, ce sont les élections régionales qui arrivent. On le sait, la Vème République fait que ces échéances de mi-mandat influencent profondément la politique du Gouvernement, notamment en cas de désaveu. Du coup, on doit probablement s'attendre à un nouveau remaniement voire à un changement de Premier Ministre (comme c'est un peu la tradition) en 2010 pour les élections régionales. Les nouveaux ministres n'auront donc que quelques mois pour s'atteler à leurs nouveaux dossiers avant peut-être d'être redispatchés...
20:49 Publié dans Avis personnel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, ministériel, gouvernement, ministres, mercier, mitterrand, alliot, yade, hortefeux
23.06.2009
Revalorisation du SMIC
"Revue de presque" de Nicolas Canteloup (humoriste imitateur), sur Europe 1, le mardi 23 juin :
"Economie : le SMIC ne sera augmenté que de 1,6% au premier juillet. Cette année le Gouvernement ne donnera donc pas un coup de pouce, mais plutôt un grand coup de majeur tendu aux SMICards !"...

PARIS (AFP) — La revalorisation du Smic doit être annoncée officiellement lundi et ne bénéficiera a priori d'aucun "coup de pouce" du gouvernement, ce qui devrait limiter sa hausse à 1,25% au 1er juillet, au vu des indicateurs économiques publiés vendredi par le ministère de l'Emploi.
Le montant exact de la hausse du Smic horaire sera dévoilé devant la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), où siègent syndicats, patronat et gouvernement. Et la revalorisation annuelle, applicable quels que soient l'âge, le secteur ou le lieu d'activité, prendra effet au 1er juillet.
Quelque 3,4 millions de salariés sont rémunérés sur la base du salaire minimum interprofessionnel de croissance, dont 940.000 à temps partiel. Le secteur privé non agricole (hors intérim), compte environ 2,19 millions de smicards, soit 14,1% de ses salariés.
Depuis le 1er juillet 2008, le Smic s'élève à 8,71 euros/heure, soit 1.321,02 euros bruts mensuels (environ 1.037 euros net) pour 35 heures hebdomadaires.
La revalorisation du Smic dépend de l'évolution des prix à la consommation sur un an, hors tabac, pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé. Mais comme cette évolution est négative (-0,2% de mai 2008 à mai 2009), l'administration en ferait abstraction cette année.
S'ajoute ensuite la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO), soit 1,25% cette année, puisque le gain de pouvoir d'achat du SHBO a atteint 2,5% sur un an, selon les données publiées vendredi.
Indépendamment de cette double indexation, inscrite dans la loi après mai 1968, le gouvernement peut ou non ajouter un "coup de pouce", catégoriquement exclu depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.
2009 serait la troisième année consécutive sans coup de pouce.
Dans sa plateforme de revendications, l'ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa) est unanime pour demander une revalorisation plus forte, pour soutenir la consommation.
La récession se nourrit notamment, selon les syndicats, de la faiblesse des salaires, qui a favorisé une spirale de l'endettement à l'origine de la crise aux Etats-Unis.
La CGT, pour un Smic à 1.600 euros bruts, juge que le refus du gouvernement est une "injustice" qui "fait reposer sur des millions de salariés faiblement rémunérés, souvent en emploi précaire et partiel, l'essentiel du poids de la crise".
La CFDT a demandé au gouvernement "d'être logique": "ou il augmente le Smic, ou il change le système d'aides aux entreprises (...) totalement centré sur le Smic". Les entreprises perçoivent plus d'allègements de cotisations pour les salariés qu'elles payent au Smic ou près du Smic.
L'annonce de la revalorisation du Smic interviendra le jour d'un discours de Nicolas Sarkozy devant les parlementaires en Congrès à Versailles, où le président devrait notamment revenir sur la crise.
Après un discours à la tonalité sociale devant l'Organisation internationale du travail (OIT) à Genève le 15 juin, plusieurs syndicats français ont appelé le chef de l'Etat à "ne pas se contenter de belles déclarations" (CFE-CGC, CFDT) ou pointé la contradiction avec les réformes conduites en France (CFTC).
Si pour les syndicats, le Smic est une arme anti-crise, un groupe d'experts, consulté pour la première fois cette année, a conforté le gouvernement dans son idée qu'augmenter le Smic au-delà du minimum légal nuirait à l'emploi.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés.19:33 Publié dans Photos, humour etc. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : canteloup, smic, revue de presque, europe 1, smicards, salaire, économie, revalorisation
21.06.2009
Diversité et République...
Vaste débat : comment la République française, laïque et égalitaire (égalitariste ?), peut-elle arriver à surmonter les enjeux de ce siècle ?...
Manuel Valls, Maire PS d'Evry, a suscité une vaste polémique ces derniers jours sur la diversité "ethnique" (rien que ce mot est brûlant) dans sa ville. S'y est ajoutée la question de la burqa chez les Parlementaires...
Petit rappel statistique : environ 1 Français sur 10 est musulman. Sur ces Musulmans, plus de 70% sont tolérants et modérés (j'ai entendu ces chiffres de sources sûres, sans pouvoir les retrouver, désolé...). Reste une petite partie de citoyens qui pose de nouvelles questions auxquelles le débat public se doit de répondre absolument, sans céder à l'obsession ou à la stigmatisation !
Voici une vidéo intéressante : un débat entre Manuel Valls et Patrick Lozès sur ces sujets de diversité et de voile.
Parlons Net "Black & White": M. Valls et P. Lozès
envoyé par FranceInfo. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Autres pistes de réflexion :
20:05 Publié dans Citoyenneté et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citoyenneté, république, voile, burqa, diversité, noirs, blancs, ethnies, statistiques, valls
20.06.2009
Le petit monde miniature de l'autocar...
Tous les matins, pour me rendre à mon centre de formation, je prends l'autocar, ligne 164...
C'est un mode de transport un peu long, mais vivant !
Dans le bus déjà, pour peu que le chauffeur soit sympa, on se dit bonjour, en présentant son titre de transport on croise des regards, et ce n'est pas rien. Le regard est l'amorce de l'Humanité, ce qui nous fait entrer dans le théâtre social.
Les lignes de bus ont aussi leurs habitués, que l'on voit chaque matin plus ou moins réveillés. Le bonnet en hiver, le bandana en été, mais finalement ce sont toujours les mêmes gens dessous, les mêmes rituels.
Le bus du matin est un petit monde à la Shakespeare, une petite scène ou chaque acteur, même en discret figurant, a sa place et son importance. C'est en tout cas comme ça que j'aime à le voir. Par des gestes et des voix entremêlés, on sent là toute l'intensité de parcours de vies et de quotidiens si différents, qui se retrouvent le temps d'un trajet ! C'est ici que peuvent se dérouler les rencontres les plus improbables, à moins que ce ne soit la routine là plus banale...
Sans ces rituels flattant l'imaginaire, que la vie serait morne ! Unetelle, une fois assise, se met à papoter avec sa copine sur les révisions du prochain contrôle de maths. Untel, sérieux col blanc, sort son portable et ses écouteurs pour regarder la télé sur un petit écran et passer l'actualité au peigne fin avant d'arriver au bureau. La machine à café l'y attendra sûrement pour le délivrer des derniers assauts de Morphée. Madame Untel, quant à elle, sort le dernier livre Prix Goncourt pour se plonger dans des pages inconnues. La petitesse des lettres font que les intrigues s'échappent souvent de son regard, à la faveur d'un virage ou d'un dos-d'âne.
Le petit groupe de jeunes assis à l'arrière, avec une voix aussi expressive et haute que les tours d'immeubles l'inspirant, parle avec passion du dernier album de rap. Je tends l'oreille, bien que ma curiosité soit contrée par le son rauque des 286 chevaux Mercedes en hennissement... Alors ils augmentent le son de leur lecteur, laissant fuser des paroles de refrain intéressantes :
"Le mélange,
ça fait du bien à toute la France,
ça fait sourire la souffance..."
Pendant ce temps, qu'est-ce que je faisais ?
Je révisais mes cours de politique sociale, toutes ces lois favorisant l'égalité des chances, la rénovation urbaine, la mixité sociale etc. Bref des lois réfléchissant sur le vivre-ensemble de notre société, riche de ses couleurs mais malade de ne pas savoir les mélanger, justement... J'observais combien les itinéraires de vie rassemblés dans le bus étaient diversifiés quoique réunis à quelques sièges d'intervalle.
J'aime ce constat que les petits gestes, ces petites habitudes, portent en eux un sens donnant du relief à la vie. J'aime quand la banalité des gens, de soi et des circonstances, si on lui offre un regard et une attention, se dévoile en fait à nous pour nous offrir une sage réflexion. J'aime entrer dans la scène du monde qui se joue chaque matin, en scruter les détails comme on le ferait pour une peinture impressionniste aux points aussi colorés que disparates, mais faisant au final sens global pour l'oeil.
Ce genre d'instants fugaces qui composent une vie, puisque comme une musique bien réglée (mais pas toujours prévisible) l'existence est faite de notes et de silence.
10:27 Publié dans Photos, humour etc. | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.06.2009
"Eléments critiques sur le RSA"
Le RSA (Revenu de Soldarité Active) est entré officiellement en vigueur le 1er juin dernier. Il est censé rénover l'action sociale en remplaçant le RMI, c'est une grosse réforme.
Pourtant, même si l'intention affichée est saine (lutter contre la précarité et le phénomène des travailleurs pauvres), la réalité du terrain risque de dessiner des limites à ce dispositif. Surtout en ces temps de crise et de chômage, alors que le RSA veut s'articuler avec la politique de l'emploi...
Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires, qui existe depuis 20 ans, a dressé en février une première critique intéressante sur le RSA :
Nos éléments de critique sur le RSA (17 février 2009)
1. Sur le fond :
Le problème d'employabilité des allocataires du RMI ne tient pas qu'à des questions financières
Dans un avis rendu au printemps, le Conseil d’orientation pour l’emploi souligne que le RSA ne sera pas un "remède miracle". Si l’absence de gains décourage parfois les RMistes, les obstacles au retour à l’emploi de qualité sont "principalement le manque d’emplois disponibles, l’inadéquation de la qualification, l’insuffisance de l’orientation ou de l’accompagnement, les obstacles à la mobilité, les problèmes de garde d’enfants ainsi que l’état de santé". Cette analyse est confortée par les enquêtes sur les RMistes : parmi les freins à l’emploi, ils citent l’absence de formation ou de moyens de transport, l’état de santé ou les difficultés de garde d’enfants avant le problème de l’incitation financière.
Le problème central reste le manque d'offres d'emploi
Avant le niveau de rémunération, c’est la rareté des offres d’emploi qui pose problème, particulièrement dans les régions où il y a beaucoup d’allocataires, qui sont aussi les régions les plus frappées par le chômage. Bien souvent, les allocataires sont freinés par leur manque de formation, mais aussi par des difficultés de transport, qui les empêchent d’avoir une mobilité suffisante pour répondre à certaines offres.
Le risque majeur du RSA c'est l'institutionnalisation du travail précaire
En améliorant la situation des personnes qui reprennent le travail, même quelques dizaines d’heures par mois, il risque de favoriser le travail partiel. Il risque d’enliser les personnes dans le temps partiel ou les bas salaires, devenant une sorte de "subvention au temps partiel" ou de "subvention aux bas salaires". Il faut craindre des pressions à la baisse sur les salaires et un renforcement du recours par les entreprises à des emplois à temps partiel ou à des emplois temporaires. »
Il va renforcer la stigmatisation de ceux qui ne trouvent pas de travail : A mettre l’accent sur la désincitation, on laisse croire d’une part que les allocations sont trop élevées, et que c’est le manque de volonté individuelle qui empêche de reprendre un emploi. On individualise un problème qui est avant tout un problème de société. Le risque est donc grand de renforcer la stigmatisation déjà subie par les allocataires de minima sociaux, en leur imputant la responsabilité de ne pas travailler.
La commission Hirsch, qui en 2005 a présenté le projet de RSA, pointait déjà la précarité des emplois comme principale cause de la pauvreté laborieuse. Mais le RSA n’aura pas d’effet réducteur de cette précarité. Cette commission insistait aussi sur la nécessité de ne pas mettre l’accent sur les travailleurs au détriment des autres populations pauvres. Par définition, le RSA ne concerne pas les personnes qui ne se portent pas sur le marché du travail, comme les personnes âgées, ou les adultes qui ne peuvent pas travailler.
2. Sur la forme :
Une machine à radiation...
Les allocataires du RSA de base (anciens allocataires des minimas sociaux) inscrits à Pôle Emploi seront soumis, au même titre que les autres demandeurs d’emploi au risque de radiation s’ils refusent de signer leur PPAE, s’ils sont absents à un entretien, s’ils refusent deux offres raisonnables d’emploi, une prestation d’accompagnement ou un emploi aidé…
« La personne au RSA qui refusera deux fois un emploi, on coupe tout ». Nicolas Sarkozy à Chateauroux le 28 janvier 2009. Cependant, le Conseil Général restera le dernier rempart face à la décision de Pôle Emploi puisque c’est lui qui prendra la décision finale de suspension du RSA, à moins d’une décision motivée ! Ce sera donc au CG de s’expliquer sur son refus de mettre les gens déjà affaiblis dans une misère encore plus importante !!! Que va-t-il arriver dans les départements qui n’attendent que ce genre de mesures pour se débarrasser de ses « coûteux » allocataires ?
Pour le MNCP, les minima sociaux doivent être un droit opposable et attribué sans condition ni contrepartie autres que les conditions de ressources : il est indispensable de garantir à ceux qui ne peuvent travailler les moyens de vivre décemment.
Un accompagnement à la recherche d'emploi au rabais
Ne seront concernés par un éventuel accompagnement à la recherche d’emploi que les personnes bénéficiaires du RSA dont les revenus excèdent 500 euros par mois… Les promesses faites au cours du Grenelle de l’Insertion sont largement dévoyées pour de simples questions de logique comptable ! Ce surcroît de travail très important pour les agences de Pôle Emploi (comme pour les Conseils Généraux), n’est pas du tout assorti des moyens nécessaires, de l’aveu même du Directeur Général de Pôle Emploi. Cela va mettre les agents encore plus sous pression et les inciter à se débarrasser, par un moyen ou par un autre, d’une partie de leur portefeuille de Demandeurs d’Emploi…
Et les droits connexes ?
Que va-t-il advenir des droits connexes comme par exemple, en Haute-Garonne, la gratuité des transports ? Le RSA pour remplacer à terme l’indemnisation ASSEDICS ? Un des décrets d’application prévoit d’inclure l’indemnisation du chômage partiel pour le calcul du RSA. Il crée les conditions pour que la solidarité nationale finance, via le RSA, une partie du revenu de remplacement des salariés victimes du chômage partiel, qui a connu un fort développement depuis le début de la crise. Dans cette configuration, il est tout à fait possible d’imaginer que demain le RSA se substituera à l’insuffisance de l’indemnisation du chômage et participera de fait à une précarisation accrue de l’emploi.
En résumé...
Le RSA devrait améliorer la situation des travailleurs les plus démunis, mais il consiste à prendre acte de la dégradation des conditions d’emplois. Il incite à reprendre un emploi quel qu’il soit, même sous-payé, même précaire, même à temps très partiel. Cela ne peut en rien améliorer les revenus salariaux, ni les politiques d’embauche des entreprises. De plus, la question de l’adéquation d’un emploi à une personne ne se limite pas à la seule question du revenu : les horaires, les contraintes de distance, la pénibilité des travaux, ou la formation, sont aussi des critères d’importance dans le choix d’un emploi. Au-delà même de l’emploi, ce sont toutes les autres conditions de la reprise d’emploi qui sont négligées : la question des transports, de la santé, de la garde des enfants…
Force est de constater que les effets pervers du RSA prennent le pas sur ses objectifs initiaux. Il devient au fil des mois un outil supplémentaire au service de la réduction du coût du travail en précarisant l’emploi. Simultanément, il dégage ses responsabilités sur la collectivité appelée à compléter les revenus du travail et à assumer les conséquences sociales de ces stratégies économiques et financières.
L'opinion des principaux concernés
Globalement, les chômeurs sont peu ou mal informés concernant le RSA. Certains Rmistes pensent même que le RMI va disparaître et qu’il n’y aura rien ensuite… Ce flou et ce manque de communication entretiennent les angoisses.
Dans nos associations, nous évoquons régulièrement le RSA avec nos adhérents. Nous avons déjà animés plusieurs débats sur ce thème là, pour faire un peu de pédagogie mais également appeler les personnes à la vigilance.
Le retour que nous en avons est double. D’un côté, les personnes voient, de manière individuelle, une opportunité d’obtenir plus d’aide financière au quotidien. Ils confirment réfléchir parfois avant d’accepter un travail à temps partiel si cela doit leur coûter plus cher que de rester chez eux et approuvent donc la volonté de supprimer les effets de seuil. Cependant, ils sont très inquiets, en particulier les actuels Rmistes et les demandeurs d’emploi non-indemnisés, de devoir aller s’inscrire à Pôle Emploi et de risquer de se faire radier. Ils craignent aussi d’être tous « mis à la même enseigne » que les actuels allocataires de l’ARE et de perdre leurs droits connexes (aide au logement, transports gratuits en particulier, exonération de la taxe d’habitation…).
10:08 Publié dans Blogs et sites | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mouvement, chômeurs, précaires, rsa, critique, réflexion, revenu de solidarité active
10.06.2009
Très belle formulation...
Je vous partage ici une très belle expression d'un maire d'une petite ville que je connais bien : le maire de Belleville-sur-Saône, Bernard Fialaire. Il est également responsable des Radicaux valoisiens (Borloo) du Rhône et conseiller général. Voici ce qu'il écrivait ces derniers jours sur son blog :
"YES WE CAN disait OBAMA pendant sa campagne. OUI tout est possible, même l’improbable pour peu que la volonté de changer l’ordre des choses soit assumée. Dans la formule d’OBAMA, le OUI c’est le WE, c’est à dire le NOUS du moment de fraternité de Régis DEBRAY.
Et si le changement c’était justement le collectif solidaire qui l’emportait sur l’individualisme égoïste ?"
19:09 Publié dans Citoyenneté et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fialaire, belleville, maire, expression, obama
07.06.2009
"Des vertes et des pas mûres..."
Les élections européennes auront permis, plus que dans les autres élections, de découvrir à côté des listes "canoniques" de toutes petites listes.
Ces petites listes ne recueilleront sans doute que très très peu de voix, mais elles ont le mérite d'exister. Disons que c'est la marque de la Démocratie que d'autoriser cette foison de propositions, parfois baroques sinon dérangeantes (comme celle de Dieudonné).
Voici ma dernière découverte : l'Alliance Royale (qui a son site).
Je suis bien sûr en désaccord fondamental avec ce courant ultra-minoritaire, mais comme toutes les candidatures, on lui doit le respect et le droit d'exister. Comme disait approximativement un des philosophes des Lumières : "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire"... C'est cela la Démocratie.
Ainsi, l'Alliance Royale est un petit parti politique qui prône une refondation politique en France et en Europe, pour le retour des... monarchies ! J'imagine que ce qui est visé, c'est la monarchie constitutionnelle plus moderne, descendante de celle balayée en 1848 par la révolution du Peuple français avant l'instauration de la IInde République. Entre 1830 et 1848, le Roi était Louis-Philippe Ier, un orléaniste (branche cousine des Bourbons de Louis XIV et Louis XVI) grassouillet et autoritaire (celui des caricatures de Daumier !), contre-balancé par une Constitution et un Parlement élu au suffrage censitaire (électeurs les plus favorisés).
C'est vrai qu'à l'époque cette forme politique était très relativement équilibrée et modérée, mais elle a été mise au placard par la volonté du Peuple, et par l'instauration de la République (celle du suffrage universel dont nous usons aujourd'hui !). Du coup, une monarchie en France serait en 2009 complètement.... hors du temps et hors propos ! Et personne ne s'en plaindra d'ailleurs : suffisamment de sang, de larmes et de volonté ont été investis pour qu'aujourd'hui la République soit le cadre consensuel de l'exercice du pouvoir dans l'Intérêt général, avec toutes les imperfections qui demeurent...
Ce qui fait que le genre de spot électoral qui suit est très baroque, presque fictif, en tout cas hyper déphasé ! Mais prenons-le comme une illustration des courants ultra-minoritaires qui ne sont pas entendus et ne rencontrent pas le succès, bien qu'ils aient forcément quelque chose à nous apprendre sur l'idéologie, l'identité revendiquée, ou la sociologie de certains de nos concitoyens qui choisissent cette curieuse tendance :
11:26 Publié dans Avis personnel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.06.2009
C'était il ya 20 ans...
20:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Une citoyenneté éclairée ?
Petit "coup de gueule" : qu'est-ce que c'est que ces nombreux retards en France quant à la distribution des professions de foi pour les candidats aux Européennes ?
Moi je n'ai encore rien reçu, à J-3. C'est une honte, d'un côté se plaindre de l'abstention, de l'autre ne pas respecter des délais convenables de réflexion...
20:20 Publié dans Citoyenneté et politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.06.2009
Appel pour un salaire maximum
La Crise révèle bien des dysfonctionnements, souvent anciens. Et parmi ceux-ci, les salaires indécents des plus grands patrons. Indécence par rapport à quoi, par rapport à qui ?
Par rapport aux employés et ouvriers tout d'abord. Il est clair que de tels écarts de revenus au sein d'une même entreprise ne sont vraiment pas propices, à raison, à la paix sociale. Le sentiment d'irrespect peut vite poindre le bout de son nez dans de telles conditions salariales.
Par rapport aux petits chefs d'entreprise ensuite, qui font vivre notre tissu industriel dans la discrétion et avec bien souvent du brio qui tient à leur investissement personnel. Ils sont parfois mis dans le même panier que les grands patrons et subissent ainsi une pression supplémentaire de l'opinion à cause de l'abus de certains.
Ce qui est gênant, c'est que ces abus sont en vérité un blanc-seing du système débridé actuel. C'est bien la Loi, issue de la démocratie et de l'Intérêt général, qui pourrait canaliser les abus salariaux. La bonne volonté n'y suffirait malheureusement pas, on en a constaté les limites. La Crise actuelle est un bon prétexte pour faire pression dans ce sens, et il faut se dépêcher car sitôt les difficultés estompées l'indécence repartira de plus belle. Ainsi va la nature humaine.
Enfin, outre la préoccupation économique de ces injurieux écarts de rémunération, il existe un souci démocratique : comment les très très riches pourront-ils voir l'Intérêt général si eux-mêmes vivent dans une bulle et dans un autre monde ? La fracture des rémunérations rend la réalité sociale imperceptible, ce qui est dommage. Surtout lorsque les puissants économiques influencent les puissants politiques !
On pourrait prétexter que même amputées d'une partie de leurs rémunérations, ces personnes continueraient à vivre sur un nuage assez haut pour ne jamais toucher le sol. Ce n'est pas faux, mais le côté symbolique a une force qu'il ne faudrait pas sous-estimer.
Ainsi, Marianne publie un appel à un salaire maximum que vous pouvez signer en cliquant ici. En voici le contenu :
Pour un salaire maximum
Avec la crise économique a surgi le débat sur le salaire maximum qui aurait été jugé totalement ringard voici encore quelques mois.
Pourtant, cette proposition est de bon sens. Elle est même un symbole indispensable si les dirigeants veulent montrer qu’ils ont compris quelque chose au marasme actuel et qu’ils ne souhaitent pas que tout revienne « comme avant ».
Le salaire maximum, ou mieux, la rémunération maximale, intégrant bonus et primes, est presque une nécessité : le salarié le mieux payé d’une entreprise vit dans la même société que celui qui est le plus mal payé. Si le premier gagne, comme c’est le cas aujourd’hui, 300 ou 400 fois, voire 5 ou 600 fois plus que le second, il n’a aucune chance de comprendre son univers et donc de prendre des décisions raisonnables qui le concernent. Conscient du problème, l’écrivain George Orwell avait proposé que le salaire du chef d’entreprise ne puisse jamais être plus de dix fois celui de l’ouvrier le plus mal payé.
Pour Henry Ford, qui avait deviné qu'il vaudrait mieux fabriquer des 2 CV que des Jaguar, la bonne proportion était 40 fois.
Dans la France de 2009, cela représente environ 500 000 euros de rémunération annuelle, ce qui est déjà une somme motivante. Le plafond pourrait être instauré par la loi ou par une mesure fiscale comme aux Etats-Unis, taxant à 80 ou 90% les revenus au-delà d’un certain niveau. Bref, la méthode se discute, mais le principe doit s’imposer au législateur le plus vite possible.
Premiers signataires : Samir Amin (économiste), Philippe Cohen (journaliste), Eric Conan (journaliste), Laurent Cordonnier (économiste), Guillaume Duval (journaliste), Michel Le Net
(président d'honneur du Cercle d'Ethique des Affaires), Liêm Hoang-Ngoc (économiste), Frédéric Lordon (économiste), Bernard Maris (économiste), Hervé Nathan (journaliste), Dominique Pilhon (économiste), Christophe Ramaux (économiste), Gilles Raveaud (économiste), Bertrand Rothé (économiste), Maurice Szafran (journaliste), Jacques Sapir (économiste), Henri Sterdyniak (économiste), Bruno Tinel (économiste).
Soutenus par : Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Glavany, Jean-François Kahn, Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Luc Mélenchon, Alain Liepietz.
10:22 Publié dans Pétitions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : appel, pétition, salaire maximum, économie, marianne, signer, indécence
30.05.2009
"Petites et grandes soustractions", C. Thépenier
Il y a un an, je vous parlais d'un intéressant film de Christine Thépenier : Petites et grandes soustractions (voir la note ici).
Ce documentaire traite de la problématique du RMI (Revenu Minimum d'Insertion), à travers les difficultés financières des allocataires, les contrôles exercés, le manque de moyens etc.
Si le RSA arrive, il y a quand même fort à parier qu'il ne résoudra pas tout, et que les dysfonctionnements liés à son aîné le RMI perdureront en partie, si on en croit la conjoncture et la nature même de la société, de moins en moins portée sur les valeurs de solidarité.
Toutefois, ce documentaire n'est pas vraiment neutre : il a reçu un soutien massif de la délégation PCF des Bouches-du-Rhône, et dans un des 4 extraits ci-dessous, vous pourrez voir en arrière-plan une affiche du PCF. C'est un peu dommage, de quelque bord politique que l'on soit, simplement parce-qu'un documentaire de cette qualité aurait du rester plus neutre et laisser l'appréciation citoyenne voire politique à ses spectateurs. Le travail social supporte à mon avis davantage le militantisme que le partisanisme, même si la frontière est ténue. Vaste débat ! Disons que c'est bon à savoir pour avoir du recul indispensable sur ces images, même si personnellement j'adhère globalement aux propos tenus dans ces extraits, à la lumière de mes expériences d'étudiant :
09:13 Publié dans Films et vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thépenier, ass, rmi, revenu minimum d'insertion, paca, bouches du rhone, petites et grandes soustractions, film, documentaire
23.05.2009
"La place du social dans la santé"
Personnellement, j'ai toujours été interrogé par les liens qu'entretient historiquement et aujourd'hui le monde du social avec le monde de la santé. Ces deux mondes sont intrinsèquement liés, mais c'est une relation parfois ambigue qui s'exerce.
Pour rappel, jusque dans les années 60, les AS avaient un tronc commun avec les infirmières. Et aujourd'hui, il est prévu dans la loi HPST que les ARS (Agences Régionales de Santé) s'occupent aussi du social et du médico-social !
Le site Oasis, portail du travail social propose depuis mercredi à la lecture un excellent article écrit par Claire Agenie et Claudine Huet, cadres socio-éducatifs concernées par la question. Cet écrit revient justement sur la question de l'évolution de l'Hôpital, en jeu actuellement, et de ses implications dans le social.
Le voici :
"La place du social dans la santé
L’évolution de la mission sociale de l’hôpital public
par ANAS
I. L’hôpital public et le service social
A son origine, il y a plus d’un millénaire, l’hôpital était le lieu d’accueil des plus pauvres. Sa fonction sociale était essentielle. Au début du XX ème siècle cette fonction sociale commence à disparaître alors que s’accroît la fonction soignante.
C’est dans ce contexte que le service social en tant que tel est apparu. Son origine se situe à la fin du XIXème parmi les mouvements philanthropiques des grandes villes : élans de charité organisés (visites aux pauvres et aux malades) et création des Maisons sociales dans les quartiers les plus défavorisés tenues par des femmes de la bourgeoisie qui se nomment elles mêmes « travailleuses sociales » et s’organisent.
Les missions du service social à l’hôpital sont définies dès 1921 par Mme Getting leur fondatrice :
• humaniser les hôpitaux
• découvrir les causes sociales qui entretiennent et aggravent la maladie
• résoudre les difficultés morales et matérielles qui s’opposent au traitement
• aiguiller les malades sur les services et établissements dont ils relèvent
• faire agir simultanément toutes les oeuvres qui peuvent venir en aide à la famille
• remettre la famille en état de se suffire à elle-même
Il faut constater que ces missions restent totalement d’actualité en ce début du XXIème siècle
Dès 1941 l’hôpital public est ouvert à tous, aux « pauvres » comme aux « riches ». Suite à la loi de 1975 établissant une séparation entre le secteur sanitaire et social. L’hôpital perd progressivement sa fonction sociale. C’est l’avènement de la gestion à l’hôpital, du directeur manager et de l’hôpital entreprise.
Mais le système de protection sociale présente des carences, des zones de non droit entraînant l’exclusion de certaines populations de tous les droits sociaux. Une série de rapports mettent les dysfonctionnements en évidence (Wresinski en 1987, Revol en 1988).
Le cadre législatif rappelle le droit à l’accès aux soins : l’hôpital toutes classes doit rester ouvert aux pauvres et il est rappelé que les établissements publics de santé ont pour objet de dispenser un traitement ou une surveillance médicale aux malades qui requièrent des soins continus dans un but de réinsertion.
La loi du 31Juillet 1991 portant réforme hospitalière, introduit une évolution dans les missions de l’hôpital. Elle met en place une politique de santé publique nationale organisée dans une nouvelle articulation du sanitaire et du social et affirme la coopération du service public avec les autres acteurs du système de santé.
En 1993 une circulaire relative à l’accès aux soins des plus démunis a favorisé à l’AP-HP la mise en oeuvre des premières consultations d’accès aux soins, mais c’est en 1998 que la loi de lutte contre les exclusions prévoit la mise en place des permanences d’accès aux soins de santé (PASS) sur tout le territoire. Elle est complétée par une circulaire d’application parue la même année qui confirme « la participation de l’hôpital à la lutte contre l’exclusion sociale » ainsi que « la prise en compte de la précarité par le système de santé ». L’hôpital est identifié comme un acteur de la lutte contre l’exclusion sociale et naturellement c’est au service social qu’appartient la compétence d’assurer la mission d’aide à l’accès aux droits. Cette mission est d’ailleurs assumée depuis sa création par le service social à l’hôpital dans le respect de son éthique professionnelle.
Il faut rappeler par ailleurs, que les établissements de santé assurant le service public hospitalier ont des obligations spécifiques, tirées de l’intérêt général, qui portent sur les domaines suivants :
• l’enseignement
• la formation
• la prévention et l’éducation pour la santé
• l’aide médicale urgente
ainsi que :
• les soins dispensés aux détenus (1994)
• la lutte contre l’exclusion sociale (1998).
De plus, les prestations fournies dans le cadre du service public répondent à des exigences particulières :
• l’égalité (égal accès aux soins, non discrimination, neutralité)
• la continuité
• l’adaptation (disposition de moyens adéquats et évaluation de l’activité)
Il faut noter que certaines des valeurs du service public hospitalier rejoignent celles du service social (respect de la dignité de la personne, non discrimination, droits de l’homme ...).
En considérant aujourd’hui l’évolution de l’organisation hospitalière -un pôle de compétences techniques dans un cadre budgétaire contraignant et ayant désinvesti la question sociale - le service social s’est repositionné dans un espace professionnel pour :
• être le révélateur des dysfonctionnements, mettre en lumière et faire remonter l’étendue des lacunes et des nouveaux besoins
• être un médiateur entre l’institution et certains groupes vécus à la marge afin de réintroduire la question sociale.
II. Un nouveau cadre contraignant issu des réformes récentes et à venir ...
La Gouvernance sur la base d’objectifs et de moyens
Cependant, la problématique de la place du social dans la santé, qui avait conduit à la création du service social hospitalier, est aujourd’hui fortement interpellée dans le contexte des réformes récentes, c’est à dire la nouvelle gouvernance hospitalière et l’évolution du financement de l’hôpital public. Une nouvelle logique est désormais à prendre en compte. L’objectif est de mieux gérer tout en repensant l’organisation du travail c’est-à-dire d’améliorer la production de soins tant en volume qu’en qualité tout en contrôlant au mieux les coûts.
La nouvelle gouvernance hospitalière consiste à structurer l’activité de l’hôpital par pôles, médicaux pour la plupart. Cette organisation incite les pôles à travailler sur la mutualisation, voire la fusion de certaines structures. Cette organisation correspond au parcours de soins du patient. Le pôle est une unité de gestion autonome, articulée avec les services transversaux. Son activité nécessite de faire appel à ces services, tel le service social (qui n’est d’ailleurs pas explicitement cité dans les textes).
La réforme de la tarification prévoit que les moyens sont attribués, a posteriori, en fonction des activités réalisées. L’évaluation des résultats est effectuée à partir d’indicateurs de performance médicale construits sur les pathologies répertoriées, les soins identifiés comme adaptés à la pathologie concernée et la durée moyenne de séjour (DMS) requise pour soigner cette pathologie.
Dans cette évaluation, les éléments concernant la personne, sa situation sociale et les éventuelles difficultés qui pourraient avoir une incidence sur le déroulement thérapeutique ne peuvent pas être pris en compte par l’application stricte d’ un tarif spécifique élaboré pour une pathologie précise (ou des pathologies associées).
Certains éléments comme la précarité et /ou la complexité sociale des patients ne sont pas retenus dans les indicateurs. Un complément budgétaire relevant des Missions d’Intérêt Général devrait être attribué mais les conditions de cette attribution sont encore en réflexion (indicateurs, évaluation, recueil des données,...). C’est donc selon leurs résultats d’activité et les coûts engagés pour les atteindre, que seront attribués les moyens. Les pôles pourront être pénalisés lorsque les résultats ne seront pas conformes aux objectifs annoncés et voir réduits certains de leurs moyens.
Les Agences régionales de santé (ARS)
La place du service social à l’hôpital, c’est-à-dire également la question du rôle social de l’hôpital sera à identifier dans le contexte de la nouvelle loi qui s’annonce visant à la création des Agences régionales de santé (ARS) et de ses conséquences. La loi en projet, dite loi « Hôpital, patients, santé, territoire » donne une place prégnante aux Agences Régionales de Santé et modifie les fondements de l’organisation sanitaire dans sa dimension hospitalière. Les réformes engagées vont avoir des conséquences pour la population comme pour les professionnels médicaux et sociaux sur le terrain. Son objectif est de « garantir l’accès à des soins de qualité à l’ensemble de la population » en s’appuyant sur quatre grands axes : la modernisation des établissements de santé, l’accès de tous à des soins de qualité, la prévention, les compétences données aux ARS.
S’inspirant du rapport Larcher, le texte de loi concerne tant le secteur public que le secteur privé. Il prévoit le maillage hospitalier par la création de communautés hospitalières de territoire (CHT) pour « mieux répondre aux besoins des populations d’un territoire en favorisant une plus grande souplesse d’organisation et de gestion ».
Les CHT permettent à plusieurs établissements de mutualiser certaines fonctions support et stratégiques dans une logique de délégation de compétences afin d’améliorer les complémentarités et la réactivité de l’offre au niveau local. Le texte permet l’association entre le public et le privé, le sanitaire et le médico-social. Il évoque également la possibilité d’étendre la mission de service public à tous les établissements hospitaliers quel que soit leur statut (public ou privé à but lucratif). Les établissements pourront prévoir de modifier la répartition de leurs activités, voire d’en abandonner certaines.
III. Quels effets pour les citoyens ?
L’hôpital public permet à toute la population sans discrimination d’accéder aux soins mais aussi de bénéficier, si besoin, de l’accès aux droits sociaux, dans le cadre d’une prise en charge globale, et ce, grâce aux missions assurées par son service social.
Mais, comme la prochaine loi le prévoit, l’hôpital public va repenser son activité (offre de soins) au sein d’un groupement de structures publiques et privées, sanitaires et médico sociales, complémentaires, articulées autour d’un contrat d’objectifs et de moyens (offre d’activité proposée en complémentarité sur un territoire donné, évaluée sur les pathologies traitées et le coût des moyens mis en œuvre pour les réaliser).
Or, nous constatons actuellement la précarisation générale de certaines catégories de citoyens. Quels droits d’accès à l’hôpital va-il leur être offert dans le cadre de cette loi nouvelle ?
Il semble légitime de s’interroger sur la possibilité (et la volonté), qu’aura l’hôpital public (au risque d’être pénalisé du fait de la mise en œuvre de la tarification à l’activité et à son mode d’évaluation) de continuer à accueillir des populations précarisées, voire sans droits sociaux pour satisfaire leurs besoins de soins et répondre encore à ce droit fondamental reconnu à tous dans notre pays. L’égal accès de chaque personne aux soins nécessités par son état de santé est affirmé dans le code de Santé Publique (Art L1110-1) Mais quels moyens pour y répondre ?
L’accentuation du risque de dégradation de l’état de santé des populations en situation de désinsertion ou de non insertion professionnelle ou économique est à prévoir. Ceux dont les revenus ne permettent pas l’accès à une assurance complémentaire, ou simplement, à tous les soins assortis d’une franchise pour leur remboursement comme l’a introduit la réforme récente de la sécurité sociale seront évidemment également touchés.
Dans cette évolution annoncée du rôle joué par l’hôpital public, où vont se situer les missions de son service social ?
La logique de l’hôpital fondée sur la production de soins est assortie d’une obligation de résultats alors que celle du travail social est de produire du social avec une obligation de moyens.
La nouvelle loi introduit une posture intenable pour le travail social à l’hôpital.
Le droit d’accès à l’hôpital pour l’accès aux soins des personnes sans droits sociaux est fondé sur le respect du droit à la santé garanti par notre constitution. Les conditions d’exercice de ce droit ne sont pas précisées dans le texte de loi en projet. Par ailleurs, l’accueil à l’hôpital public permet également d’accéder à son service social, seul service social accessible à tous (sans aucun critère de sélection, notons le).
L’action du service social permet de préserver les droits sociaux, ou de les réintroduire, et contribue à la prévention de l’exclusion. Cet accompagnement social nécessite souvent du temps non forcément compatible avec la durée moyenne de séjour (DMS) requise pour la pathologie traitée. Du fait de la réforme de la tarification, il est vraisemblable que les professionnels ne disposeront plus de ce temps.
Il sera donc absolument indispensable que des relais soient pris, de manière systématique, et ce, même pour les populations marginalisées (étrangers en situation irrégulière, SDF…), actuellement non intégrées dans les circuits de prise en charge institutionnels ordinaires de droit commun.
Qui va prendre le relais pour assurer l’accompagnement social de ces populations marginalisées, voire exclues ?
Nous constatons actuellement qu’elles sont ponctuellement prises en charge par certaines associations caritatives, seules identifiées sur le terrain pour proposer des accompagnements non assurés par ailleurs, en dehors du service social hospitalier.
Le risque de voir accru le nombre de personnes concernées, qui n’auront plus la possibilité de rencontrer les assistants sociaux à l’hôpital n’est pas à négliger.
IV. Quelles missions pour le service social ?
Les conséquences des diverses réformes actées ou en cours, vont vraisemblablement entraîner une évolution importante dans certaines des missions dévolues actuellement au service social à l’hôpital. Rappelons, en effet, qu’outre l’accès aux soins et l’accès aux droits, le service social à l’hôpital joue un rôle non négligeable dans l’organisation des transferts dans les structures sanitaires ou médico-sociales et dans l’organisation des retours au domicile, lorsque l’état du patient nécessite la poursuite de soins.
Or la structuration généralisée de filières bien identifiées, recommandées par les ARS qui attribueront les moyens aux structures sanitaires, médico sociales, publiques et privées en fonction des résultats obtenus, et aussi en fonction de la formalisation des partenariats avec les services de soins à domicile et les réseaux de soins ou de santé, va aboutir à un maillage serré des diverses structures complémentaires, sur un territoire donné.
L’objectif annoncé est de déterminer le parcours de soins type organisé strictement et théoriquement à partir de la pathologie et des soins prescrits. Est-il utile de préciser que les patients visés doivent être assurés sociaux, bénéficiaires d’une assurance complémentaire et naturellement d’un domicile ?
Une évaluation de leur situation sociale pour réaliser effectivement une prise en charge personnalisée et globale pourra t-elle encore être mise en œuvre à l’hôpital ? L’accord de la personne sur le projet de sortie qui lui sera proposé ou imposé, restera-t-il un pré requis ?
Il est notable qu’au fur et à mesure de la mise en œuvre de la loi sur les droits des patients, où la reconnaissance de la citoyenneté de chaque personne vivant sur notre territoire est affirmée, nous assistons à une mise en place d’offres de prestations de soins rigoureusement dispensées sur des critères liés aux pathologies et à leur financement (filières, réseaux de soins,...), risquant d’aboutir à l’impossibilité pour les patients d’exercer leur liberté de choix. N’est-ce pas contradictoire ?
Quelles seront donc alors les missions du service social à l’hôpital (SSH) ?
Il faut rappeler que, fondées sur la déontologie qui a construit et pérennisé la profession, elles relèvent de la prise en compte des droits de l’Homme et des citoyens. Elles nécessitent des compétences particulières et constituent une part importante de la qualité de la prise en charge, annoncée comme étant recherchée.
Le rôle du Service Social à l’hôpital est de contribuer au respect ou à la mise en œuvre d’autres droits :
• droits à la protection (personnes vulnérables, maladies mentales, maltraitance,...),
• droits des patients (humanisation, relation d’aide, projet individualisé, prise en charge globale).
Ces missions ne peuvent être assurées que par des professionnels formés spécifiquement. Ils devront naturellement continuer - comme ils le font depuis la création même du service social – à agir en complémentarité avec les autres intervenants (bénévoles, soignants, administratifs, autres acteurs intra et extra hospitaliers) et à assurer le lien entre l’intérieur et l’extérieur en prenant en compte la complexité de l’environnement hospitalier en toute connaissance des dispositifs, services et institutions existantes.
La formation professionnelle des assistants de service social est fondée sur l’acquisition de compétences précisément déclinées dans le référentiel ministériel élaboré lors de la réforme récente des études.
Ces compétences sont validées par un diplôme d’état et exigées par la réglementation pour qu’ils soient autorisés à exercer leur métier.
Leurs fonctions portent sur :
• l’accueil/l’évaluation/l’information/l’orientation
• l’accompagnement social
• la médiation
• la veille sociale/l’expertise/la formation
• la conduite de projets/le travail avec les groupes
• le travail en réseau.
Le rôle fondamental d’interface joué par le Service social contribue à l’efficience imposée par les textes et recherchée actuellement par l’hôpital dans sa réorganisation. Grâce à ses compétences en matière d’évaluation et d’expertise, le Service Social à l’hôpital est au cœur de l’articulation du sanitaire et du social. Il peut offrir à l’hôpital une véritable pertinence (faisabilité et performance) dans ses actions de partenariat, médiation et formalisation de réseaux dans le champ médico social et social.
Article rédigé par Claire AGENIE et Claudine HUET Cadres socio éducatifs, assistants de service social."
11:47 Publié dans Réflexion et théorie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oasis, portail, travail social, santé, social, hopital, service social, ass, assistant social
Les préjugés sur les AS...
En naviguant sur les forums du Social.fr, j'ai trouvé ce topic : "préjugés sur les assistantes sociales".
Il faut voir tout ce que la profession trimballe d'images presque toujours fausses, parfois ringardes !
Petit florilège de ce qui est visible sur http://www.lesocial.fr/ :
"Les AS ne donnent de l'argent qu'aux étrangers"
"Les AS ne servent à rien"
"Les AS piquent les enfants et placent les vieux"
"Les AS sont vissées sur leur chaise à boire du café"
"Les AS sont des vieilles un peu coincées et frustrées"
etc.
Pas très reluisant ! Alors quitte à avoir des mauvais préjugés comme ça, autant les voir mis en scène par Jean Dujardin, avec Alexandra Lamy dans le rôle de l'AS :
11:39 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : préjugés, représentations, images, caricature, as, ass, assistante sociale, vidéo, alexandra lamy, social











